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Comment se préparer à une grossesse à 45 ans?
Les Anglo-saxons considèrent qu’une grossesse est tardive après 35 ans. Or, si la fertilité a déjà commencé à diminuer et si les risques liés à la grossesse augmentent sensiblement, à partir de 35 ans, une grossesse à cet âge ne pose généralement pas de problème majeur. Après 40 ans, il en va tout autrement, et une grossesse à 45 ans est généralement à risques.
D’abord parce qu’il y a plus de risques de malformations fœtales lors une grossesse à 45 ans. On en parle beaucoup, mais on ne connaît pas toujours les chiffres : à 25 ans, le risque d’être enceinte d’un enfant trisomique est de 1/900, à 35 il est de 1/380 et de 1/28 lors une grossesse à 45 ans. Alors bien sûr, l’amniocentèse donne des diagnostics prénataux fiables, mais d’une part, l’interruption volontaire de grossesse n’est jamais facile à vivre, d’autre part, il existe des disparités dans le dépistage qui font que certaines populations sont exclues de ces moyens diagnostics, par choix personnel ou parce qu’on ne leur a pas proposé.
S’ajoute à cela le fait qu’à 45 ans, la grossesse n’est pas toute rose : il y a plus de diabète, plus d’hypertension, plus de prématurité, plus d’hémorragies.
Et, de surcroît, il y a plus de mortalité maternelle à l’accouchement (à cause du nombre croissant d’hémorragies de la délivrance) : la mortalité maternelle passe ainsi de 7, 8/100 000 à 25 ans à 209,3/100 000 pour une grossesse à 45 ans ; le chiffre est colossal, et les femmes ne sont pas toujours au courant car la mortalité maternelle demeure un tabou.
Les médecins semblent donc assez défavorables aux grossesses à 45 ans ?
Ils ne sont pas contre les grossesses à 45 ans. Et loin d’eux l’idée de culpabiliser les femmes, heureuses, qui parviennent à mener une grossesse à cet âge. D’autant qu’effectivement, à 35, 40 ans ou plus tard, on est souvent plus motivée, plus posée dans la vie et plus disponible pour pouvoir profiter d’un enfant, plus à l’écoute. Ils souhaitent seulement avertir chaque femme que, contrairement aux idées largement véhiculées à travers le mythe de la célébration médiatique de la grossesse tardive, tout n’est pas si simple et facile qu’on le pense de vivre une grossesse à 45 ans. Et le premier risque, c’est celui de ne jamais devenir enceinte à 45 ans. En effet, si 95 % des femmes de 30 ans qui désirent avoir un enfant y parviendront (avec ou sans assistance médicale à la procréation), 35 % des femmes de 45 ans n’y arriveront jamais.
Il faut dire la vérité aux femmes : à force d’attendre l’homme idéal, la maison idéale, le moment professionnel idéal, elles courent le risque de ne plus pouvoir avoir d’enfant, car leur fécondité diminue.
En quoi a-t-on menti aux femmes ?
Les femmes ont d’abord été leurrées par le fameux slogan du planning familial : « un enfant quand je veux ». Il s’agissait de mettre en valeur les nouvelles possibilités de contrôle de naissance offertes par la pilule : mais la contraception me permet de ne pas avoir un enfant quand je n’en veux pas, et non d’en avoir un quand je veux. Le raccourci est trompeur et les femmes s’y sont laissé prendre. D’autant que, deuxième mensonge, le mythe de la femme battante qui mène de front carrière et maternité à 40 voire 45 ans, a été largement véhiculé par la pub et les stars. C’est ce qu’on appellerait la glorification de la grossesse à 40 ou 45 ans. Et pourquoi pas, sauf que, ce que l’on oublie de dire aux femmes, c’est que, bien souvent, ces grossesses exceptionnelles sont le résultat d’un don d’ovocyte – et il est difficile d’avoir recours à cette pratique en France - où le don d’ovocyte est gratuit et le nombre d’ovocytes est limité, d’où le détour par l’étranger de bien des femmes qui souhaitent bénéficier de cette technique.