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Le stress affecte aussi les enfants
Saviez-vous que le stress affecte aussi bien les enfants que les adultes? Dans le tourbillon de la vie quotidienne, on oublie parfois que les enfants éprouvent des peurs, vivent des échecs et sont les témoins impuissants d’événements générateurs de stress.
Parfois, leurs réactions - apathie, crises, pleurs - sont mal interprétées; on croit qu’il s’agit d’une étape de leur développement ou d’un trait de caractère et non de manifestation du stress. En revanche, un stress majeur tel qu’une séparation, un décès, une opération à venir ou une maladie grave est facile à identifier. Il se traduit par une perte d’appétit, des douleurs abdominales ou des signes de dépression, par exemple. Chez les bébés, un stress très important peut ralentir le rythme des nouvelles acquisitions. C’est en analysant les événements qui ont précédé ces symptômes qu’on est capable de discerner la cause du stress.
On a tendance à minimiser l’effet d’événements qui semblent mineurs aux yeux d’un adulte, mais qui peuvent occasionner beaucoup de tension chez l’enfant. «Ces petits facteurs de stress qui se répètent de façon insidieuse peuvent mener à la catastrophe s’ils ne sont pas reconnus ni désamorcés.» Il peut s’agir d’un copain trop brutal à l’école, d’une discipline trop rigide qui terrorise l’enfant, etc.
Le terme «stress» fut introduit dans la littérature médicale en 1936 par le physiologiste canadien Hans Selye. Il s’agit d’une réaction de l’organisme lorsqu’il est soumis à une agression: traumatisme, choc émotionnel, opération chirurgicale, froid, ou de façon générale, les contraintes de la vie quotidienne. Bien qu’un stress mineur puisse jouer un rôle positif, car il renforce les capacités d’adaptation de l’individu, on connait bien maintenant les malaises, les douleurs et les maladies liées à un stress majeur ou répétitif, du moins chez les adultes. «Le stress existe aussi chez les bébés et les enfants de tout âge bien qu’il soit sous-estimé et qu’on ait tendance à en minimiser l’importance.» Certains enfants ont un tempérament qui semble les prédisposer au stress. De plus, aussi bien la famille que le contexte social peuvent être générateurs de tensions.
Des prédispositions génétiques
À la naissance, chaque enfant est doté d’un tempérament qui lui est propre. «On observe déjà des différences de tempérament chez les nourrissions.» La plupart des enfants, ceux qu’on qualifie de «faciles» ont une grande capacité d’adaptation. Mais environ 1 bébé sur 10 sera difficile et va très mal réagir à des changements, parfois minimes, dans sa routine quotidienne.
Un milieu familial sous tension
Lorsque les parents vivent des tensions importantes, tous les membres de la famille, y compris les enfants, en subissent les contrecoups. «Le divorce, ou tout autre forme de séparation, est un facteur de stress majeur pour l’enfant. En plus de vivre la séparation de ses parents, il va subir des changements dans sa vie quotidienne. Souvent, il voit ses dépenses diminuer. Ce sont donc les loisirs, les vacances, les activités qui sont perturbés. De plus, la plupart du temps, un divorce est synonyme de déménagement. L’enfant doit changer d’école, vit une rupture avec ses amis et s’éloigne parfois de ses grands-parents. Enfin, les parents sont moins disponibles sur le plan affectif et consacrent souvent moins de temps à leurs enfants. Ceux-ci sont souvent livrés à eux-mêmes, pris pour confidents ou, pire encore, pour boucs émissaires. Déprimés et stressés, les parents négligent la routine; par exemple, l’heure des repas change, on mange n’importe quoi sur le coin de la table.»