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Les causes de l’insomnie chez l’enfant

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Dans leurs grandes lignes, les réflexions sur l'insomnie chez l'adulte peuvent être appliquées à l’enfant. Dans la grande majorité des cas, la plainte est formulée par les parents sur l’insomnie de l’enfant. Il s'y ajoute des sentiments d'échec, une angoisse plus ou moins grande sur la santé de l'enfant, surtout lors d'insomnie aiguës (« Ne couve-t-il pas quelque chose? »). En outre les parents peuvent éprouver des sentiments d'irritation : l'enfant souffrant d’insomnie dérange les soirées et les nuits de ses parents; ceux-ci peuvent être épuisés, mais sans oser en vouloir ouvertement à leur enfant, puisque, comme pour l'énurésie, ou le faible appétit, ils ne savent jamais dire avec certitude jusqu'à quel point la ( mauvaise ) volonté de l'enfant est impliquée dans le processus.

 

Les causes de l'insomnie : Les facteurs sociaux, psychiques et somatiques. Il y a lieu de déterminer et d'agir sur ces facteurs, les médicaments ne servant qu'à dépasser la crise.

 

Il nous faut interroger l'insomnie de l'enfant comme un phénomène susceptible d'être au carrefour du somatique, du psychique et du social : cette triple implication n'est pas présente à chaque fois, mais au moins faut-il penser à l'éventuelle existence de chacun de ces courants, et aux renforcements que les uns peuvent exercer sur les autres.

 

Les facteurs sociaux de l’insomnie

Ils peuvent partiellement être à l'origine du phénomène. Ils peuvent être nombreux, et parfois originaux. Nous n'allons pas tous les passer en revue, mais que l'on pense par exemple à l'ambiance de stress, ou d'excitation nerveuse dans laquelle certains enfants sont élevés ... ou aux voisins, qui frappent au mur si l'enfant pleure la nuit. Ceci peut pousser des parents à passer tous ses caprices à l'enfant pour qu'il ne pleure pas, donc à passer la nuit à son chevet.

 

Les facteurs psychiques, familiaux ou personnels de l’insomnie.

Que d'insomnies partiellement reliées à l'angoisse des parents, à leur dépression, à leur difficulté à investir l'enfant et, à partir de là, aux sentiments pénibles qui grandissent en miroir chez l'enfant! Que de difficultés d'endormissement ne pouvons-nous relier à l'affrontement de deux puissances qui a lieu chaque soir, entre parents et enfants ... et/ou aux débordements oedipiens, qui empêchent l'enfant de laisser partir le parent chéri ... et celui-ci de se séparer paisiblement de sa progéniture ... ou a des deuils qui ne peuvent se mûrir pour personne!

 

Les facteurs somatiques de l’insomnie

Sans parler des maladies les plus obvies, ne faut-il pas incriminer parfois, partiellement, l'hyperexcitabilité cérébrale, la difficulté de l'enfant à relâcher sa vigilance, le rythme circadien original de chaque enfant, qui font de certains, des « petits dormeurs » gazouillant joyeusement, assis dans leur lit, vers 2-3 heures du matin !

 

Il faut bien garder à l'esprit que souvent, ces facteurs se combinent! Cessons d'être des réductionnistes simplificateurs, et ayons l'esprit ouvert à l'ensemble des réalités opérantes. L'enfant qui, vers 2 ans, a tendance à être tyrannique, l'est peut-être un peu plus si son organisation cérébrale le prédispose à l'hyperactivité et si ses parents sont trop anxieux pour le contrer sereinement, ou si leur propre autorité est contestée par des grands-parents envahissants. Un bébé qui pleure la nuit peut décevoir beaucoup ses parents, et leur faire peur de la réaction de voisins : le voilà secoué pour qu'il soit plus gratifiant et plus sage, son insécurité augmente, et il dort encore moins bien. Mais peut-être dans ses pleurs initiaux intervenait-il aussi une dimension organique créant une sensation d'inconfort? L'anxiété de l'enfant, source de bien des insomnies, peut résulter et d'une hypersensibilité congénitale, à propos de laquelle les études sur les neurotransmetteurs ont encore beaucoup à nous apprendre, et de l'affolement des parents face aux premières manifestations d'anxiété, et d'une ambiance insécurisante dans l'environnement.

 

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