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Alcoolisme, les Français et l’alcool : je t’aime, moi non plus
Les Français concernés par les problèmes d’alcoolisme
Les Français se sentent concernés par la consommation d’alcool et d’alcoolisme de leur entourage, qu’il soit familial (près d’un parent sur deux estime qu’il a son mot à dire sur la consommation d’alcool de son enfant, quel que soit l’âge de ce dernier) ou personnel ou professionnel (plus de la moitié des Français connaît une personne dont il pense qu’elle a un problème d’alcoolisme). Plus étonnant encore par son ampleur, 38 % reconnaissent avoir personnellement souffert de la l’alcoolisme d’une personne de leur entourage.
Face à ce problème, nos compatriotes ont toute confiance en leur médecin (86 % leur font "tout à fait" ou "plutôt" confiance), ainsi que l’Etat. L’action des pouvoirs publics et des associations pour lutter contre les conséquences de l’abus d’alcool et l’alcoolisme est bien perçue : pour une large majorité, les campagnes d’information et les actions de prévention sont utiles pour faire réfléchir à sa consommation d’alcool et pour inciter à changer de comportement face au produit. Seul un tiers des Français juge ces actions comme allant à l’encontre de leur liberté. Au contraire, la majorité pense que les pouvoirs publics n’en font "pas assez".
Le pictogramme "femme enceinte" plébiscité
L’enquête a recueilli le sentiment des Français sur la mesure prévoyant l’apposition d’un message sanitaire ou d’un pictogramme sur les contenants d’alcool et l’alcoolisme, dans le but d’informer le grand public des risques liés à la consommation d’alcool et l’alcoolisme pendant la grossesse. Un Français sur deux en a entendu parler et l’immense majorité l’approuve. Si la communication semble avoir porté ses fruits (47 % savent que les risques pour le foetus commencent dès le premier verre, contre seulement 25 % en novembre 2004), on peut s’étonner sur le retard de la mise en place de cette mesure qui ne devrait être effective qu’à partir de 2007.
Une méconnaissance des seuils et des risques
Seulement une personne sur 4 cite correctement le seuil de consommation à risque pour les hommes (3 verres d’alcool par jour), et une sur 3 celui des femmes (2 verres d’alcool par jour). Près de la moitié surestime ces seuils ou déclare ne pas les connaître. De même, les équivalences entre les différents alcools restent encore largement méconnues : 56 % pensent qu’un verre de whisky (2,5 cl) contient plus d’alcool qu’un demi de bière (25 cl). Seulement 29 % savent que les deux contiennent la même quantité d’alcool pur, à savoir 10g.
Les messages destinés à la population générale devraient exprimer les limites de consommation et la vigilance à ne pas tomber dans l’alcoolisme à ne pas dépasser non en "verres standard" mais en "unités alcool".
L’étiquetage de tous les conditionnements de boissons alcooliques et l’alcoolisme devrait indiquer systématiquement leur contenu en "unités alcool" de façon très lisible et quelle que soit la nature de la boisson considérée.
Enfin, selon l’enquête de l’Inpes, la nature des risques liés à l’alcool est connue de façon imprécise. Pour 35 % des Français, ce sont les accidents de la route qui sont la principale cause de mortalité liée à l’alcoolisme, les maladies cardio-vasculaires ne sont citées que par 22 %, et les cancers par 19 %. La réalité est pourtant bien différente, puisque, parmi les décès attribuables à l’alcoolisme, les cancers représentent le plus grand nombre, suivis de loin par les maladies cardiovasculaires et les maladies digestives. Les accidents arrivent seulement en 4ème position à cause de l’alcoolisme.